Citations : borizano

1890Catat Louis : Voyage à Madagascar
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Pour porter le filanjana, quatre hommes, placés deux en avant et deux en arrière, prennent un brancard chacun sur la même épaule et marchent d'un pas cadencé ; celui de chaque rang qui a la tête engagée dans l'intérieur des brancards tient fortement le poignet de son compagnon en lui passant le bras sous le coude ; les borizano se soutiennent ainsi mutuellement et se prêtent un point d'appui réciproque. La vitesse moyenne des porteurs de filanjana est, en terrain peu accidenté, de 5 à 6 kilomètres à l'heure ; elle peut augmenter dans de notables proportions, surtout pour les petits trajets, où les borizano courent dès qu'ils en trouvent l'occasion, et souvent avec une vitesse telle que le voyageur n'est pas sans éprouver quelques appréhensions en songeant aux conséquences possibles d'un faux pas malencontreux. À de fréquents intervalles, et sur un signal convenu, les porteurs changent d'épaule en faisant passer les brancards au-dessus de leur tête ; le mouvement est exécuté sans arrêt. Dans les grands trajets, lorsque des hommes de rechange sont nécessaires, les borizano inoccupés trottinent devant le fitakonana, et après avoir parcouru une petite distance s'arrêtent pour saisir au passage les brancards lancés avec violence par les camarades qu'ils viennent remplacer. Cette manoeuvre, qui se fait sans diminuer la vitesse et sans changer l'allure, occasionne au voyageur de violentes secousses, lorsque les porteurs se laissent entraîner dans une course folle, ou qu'un maladroit ne saisit pas le brancard qui lui est lancé. Le filanjana est un siège peu confortable ; néanmoins ce mode de locomotion semble, dans le principe, commode, sinon très agréable, et avec un peu d'habitude on admet très vite cette façon de voyager.

1898Grosclaude Et. : Un Parisien à Madagascar
Au petit village d'Ankarefo, nous trouvons cantonnée la première compagnie de la légion étrangère, partie la veille au matin, et qui se rend en Émyrne par petites étapes: les hommes n'ont que le fusil et la musette: les sacs sont portés par des bourjanes.
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Deux heures durant, nous sommes dans la lande sablonneuse d'une Bretagne luxuriante, puis nos bourjanes nous déposent sur la rive d'un fleuve, appelé l'Ivondro, dont le confluent avec divers autres cours d'eau nous impose une traversée de plus d'une demi-heure dans des troncs d'arbres creusés;

Charbonnel Henry (Colonel) : De Madagascar à Verdun
1896/06
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Le moyen de transport était le filanzane, siège étroit muni de deux long brancards. Deux équipes de quatre bourjanes étaient affectées à chaque filanzane. Elles se relayaient tous les 200 ou 300 mètres, se repassant leur passager au vol avec une habileté amusante. Ces porteurs rompaient le pas; les pieds de ceux de l'avant étant levés quand se posaient à terre ceux de l'arrière... La cadence adoptée produisait un léger tanguage auquel on s'habituait vite.